Partant de questions suscitées par quelques faits épars (les contenus d’un relevé de compte bancaire, un slogan publicitaire pour des produits de beauté, les statistiques du surendettement en France, le déficit de la balance des paiements des Etats-Unis, certaines mentions inscrites sur le dollar américain), ce texte explore comment l’énergie motrice de l’argent produit des effets caractéristiques de l’hyper modernité, à travers des phénomènes tels que l’impératif de rentabilité à court terme dans les entreprises, ou encore la logique de distribution du crédit par les banques et les grandes enseignes commerciales.
Il analyse en quoi, au-delà de ses multiples fonctions (économique, sociale, psychologique), l’argent semble posséder certains attributs curieusement proches des attributs divins et comment il semble se substituer progressivement aux religions monothéistes pour fonder, dans les sociétés économiquement évoluées, un nouvel ordre symbolique tout aussi paradoxal que celui qu’il tend à remplacer.