Pour une pratique de la relation bancaire durable
Le texte qui suit constitue l’apport théorique d’un séminaire de réflexion sur le statut de l’argent dans le métier de banquier. Il souligne combien l’argent, objet symbolique complexe, est chargé de multiples contradictions, et combien les banquiers sont capables de banaliser l’argent ou de le mettre à distance. Il passe en revue les principaux regards que les économistes, les sociologues, les psychologues et les psychanalystes et enfin les moralistes portent sur l’argent. Il décrit notamment les récentes évolutions des Français à l’égard de l’argent.
Se centrant ensuite plus particulièrement sur l’exercice des métiers bancaires en relation avec des clients, l’auteur explore ce que serait une « bonne » relation à l’argent, avant de décrire les principales pathologies des humains à son égard (l’avidité, l’avarice, la prodigalité, la « ludopathie », la compulsion d’achat…). Il analyse les composantes, souvent contradictoires, de l’image du banquier au regard de son client.
L’auteur décrit enfin les grandes conditions de ce que pourrait être un « commerce durable » de l’argent entre le banquier et son client : être conscient de l’utilité sociale majeure des multiples fonctions assurées par la banque, être suffisamment au clair sur sa propre relation à l’argent, mettre son client à l’aise pour qu’il puisse parler de ses vrais besoins et projets, créer une confiance réciproque avec lui par une relation fondée sur la probité, savoir enfin « raison garder » par rapport aux projections contradictoires du client sur sa personne de banquier.